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Parce qu'il est urgent de renouveler le droit de l’environnement, Baptiste Morizot et Laurent Neyret imaginent un nouveau principe cardinal à l’image de celui de « dignité», issu du procès de Nuremberg.
Les êtres humains naissent et demeurent libres et égaux en droits. Cette phrase, vous la connaissez par cœur. Elle est écrite en 1789, au tout début de la Déclaration des droits de l'Homme, elle a traversé les siècles, elle a fondé la République, elle a inspiré toutes les démocraties modernes.
Mais à la relire aujourd'hui, deux siècles plus tard, à l'heure où la biosphère vacille, où les glaciers fondent, où les sols se déchirent, on entend autre chose. On entend une marche qui a été sautée. On entend ce que le texte n'a pas dit. Car ces êtres humains qui naissent et qui demeurent, où naissent-ils, au juste, et où demeurent-ils ? Sur quelle Terre ? À quelle condition ?
La phrase de 1789 a tu son propre lieu. Elle a installé l'humain au cœur du droit moderne mais elle a laissé hors champ le monde où l'humain prend vie. Et c'est cet oubli au cœur du droit qui nous rattrape aujourd'hui. Parce qu'on ne protège que ce qu'on nomme. Et le droit n'a jamais nommé ce qui rend la vie possible. Il a consacré la liberté, l'égalité, la dignité. Mais pas le sol commun de toute existence.
Comme s'il manquait un mot, une valeur, un socle pour que tout l'édifice tienne. Ce mot, ce nouveau pilier du droit pour le siècle qui vient, un philosophe et un juriste nous proposent aujourd'hui de l'inscrire dans la grande phrase inachevée. Et ce mot, c'est « habitabilité ».
Retrouvez la Terre au carré sur le site de France Inter : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre