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À Pontoise, des jeunes multi-verbalisés se disent victimes d'abus de la part de la police municipale. Certains se retrouvent avec des amendes atteignant plusieurs milliers d'euros.
Les motifs invoqués sont notamment : crachat sur la voie publique, tapage diurne ou nocturne, dépôt de déchets, déversement de liquide ou encore absence de lave-glace dans le réservoir du véhicule.
Les jeunes reconnaissent avoir commis une partie de ces infractions. Ce qu'ils contestent, en revanche, c'est la fréquence et la proportion des verbalisations dont ils font l'objet. Certains affirment avoir reçu jusqu'à onze contraventions le même jour, parfois sans en avoir été informés au préalable.
L'an dernier, une étude menée par les chercheuses Aline Daillères et Magda Boutros (Sciences Po – CRIS/CESDIP) révélait « des pratiques policières discriminatoires ciblant les jeunes hommes racisés des quartiers populaires (...) en raison de leur présence en groupe dans les espaces publics des quartiers où ils habitent, étudient ou travaillent ». La plupart des contrôles auraient lieu à moins de 500 mètres de leur domicile.
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a déclaré « contester les conclusions de ce rapport », tout en affirmant avoir fait supprimer du logiciel de main courante de la police le terme « indésirables », utilisé dans l'expression « perturbateurs indésirables ».
Un sujet de Manon Mella.